Mille & 1 tunisie : Arts & Culture A lire « Chroniques du MANOUBISTAN»




« Chroniques du MANOUBISTAN»

Envoyer Imprimer PDF


Les faits remontent au mois de mars, lorsque deux étudiantes portant le voile intégral (niqab) ont saccagé le bureau du doyen Habib Kazdaghli, accompagnée d’un groupe de salafistes, lui reprochant d’interdire le port du niqab à l’université.  L'une d'entre elles, qui avait été exclue de la faculté pour avoir porté le niqab en salle de cours, l’accuse  de l'avoir giflée et porte plainte.

Les deux jeunes filles sont poursuivies dans ce même procès pour avoir attaqué le bureau du Doyen.Habib Kazdaghli est donc accusé d’agression par une militante salafiste. Le ministère public ayant jugé bon de requalifier l’accusation en «acte de violence commis par un fonctionnaire dans l'exercice de ses fonctions ».

Les poursuites contre le doyen ont déclenché un tollé en Tunisie et à l’étranger et lancé un débat sur l'autorisation ou non du voile intégral durant les cours dans les universités. M. Kazdaghli a reçu le soutien de nombreux universitaires étrangers et des professeurs et juristes français et belges qui ont assisté au procès qui a été reporté plusieurs fois depuis l'été.

Le livre :

« Ces Chroniques du Manoubistan reconstituent les épisodes d’un étrange feuilleton qu’on pensait d’un autre âge. Les événements se sont déroulés à la Faculté des Lettres de La Manouba, devenue le matin du 28 novembre 2011 l’objet d’une conquête (ghazoua) salafiste. Elles retracent, de jour en jour, la montée de la violence jusqu’à l’absurde comparution du doyen Kazdaghli, accusé d’agression contre des étudiantes en niqab venues saccager son bureau. Un retournement invraisemblable où, de victime, il devint coupable.

Ces pages sont aussi un recueil de chroniques tunisiennes qui rappellent l’existence en Tunisie d’autres « Manoubistan » et  que ces événements font partie d’une campagne savamment orchestrée d’atteinte aux libertés. Des événements qui prouvent aussi à quel point cette offensive liberticide a pour objectif de mettre en péril le projet moderniste tunisien.

Véritable journal de combat et de défense des valeurs humanistes, ces chroniques sont enfin un hymne à la liberté et à la résistance des hommes et femmes du savoir, de la culture et des arts. En dénonçant les briseurs de rêves, elles incarnent un espoir : que la Tunisie soit à « la hauteur » de sa Révolution.

Les auteurs :

Habib Kazdaghli, originaire de la ville d’Hammamet, natif de 1955, est professeur d’Histoire contemporaine à la Faculté des Lettre, des Arts et des Humanités de Mnouba ( Université de Tunis-Manouba). Ses axes de recherche portent sur : l’histoire contemporaine de la Tunisie et du Maghreb, l’histoire du mouvement communiste, l’histoire des minorités et des communautés de Tunisie (Juifs, Grecs, Russes, Maltais, Italiens etc…), l’histoire du tourisme au cours de la période coloniale. Il anime l’axe Histoire et mémoire des communautés, mémoire des lieux,  au sein du laboratoire de recherche : Régions et ressources patrimoniales de Tunisie, dirigé par le professeur Abdelhamid Larguèche. Elu depuis le mois de juillet 2011, au poste de doyen de la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités (Université de Tunis-Manouba).

Habib Mellakh est né le 22 mai 1952 au Bardo. Après des études primaires à l’école El Arfanya à Tunis, des études secondaires au Lycée de garçons du Bardo et des études supérieures à la Faculté des lettres et sciences humaines de Tunis, il obtient la maîtrise es-lettres françaises en juin 1973 et le diplôme de recherches approfondies en juin 1982. Professeur au Lycée de la rue de Marseille à Tunis, puis au sein de l’Ecole normale supérieure de Tunis et de l’Ecole normale supérieure de Sousse, il enseigne depuis 1984 à la Faculté des lettres, des Arts, des Humanités de la Manouba dont il a dirigé le département de français (1996- 2002) et où il a représenté ses collègues au sein de son conseil scientifique pendant 18 ans. Responsable syndical presque sans interruption de 1975 jusqu’en 2008 et particulièrement en tant que secrétaire général du syndicat de base de la FLAHM, il a été de 1999 à 2003 coordinateur général du Syndicat général de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Professeur de littérature française, il est l’auteur d’un ouvrage sur l’œuvre de Francis Ponge intitulé La pratique poétique pongienne et d’études et d’articles sur la poésie moderne et contemporaine. Il milite après la Révolution du 14 janvier au sein du tissu associatif. Il est l’un des fondateurs de l’Association tunisienne de défense des valeurs universitaires dont il est le secrétaire général.

( 1 Vote )

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir