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La Tunisie en mode Harlem Shake !

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Tous les sites web ou presque du gouvernement tunisien et celui de la présidence de la République ont été mis en mode « Harlem Shake » par des hackers.  La célèbre bande son tourne sur la toile après le scandale qui oppose désormais les jeunes lycéens pour avoir réalisé une vidéo  HS au ministre de l’Education Nationale qui a ordonné une enquête contre les organisateurs et assuré que certaines mesures comme des "expulsions" d'élèves ou "licenciement" du personnel éducatif seraient sûrement prises.

Une campagne de soutien  à ces jeunes lycéens s’est aussitôt mise en place . L’affaire fait le tour de la toile et la une des journaux des médias nationaux et internationaux.

« La jeunesse tunisienne réagit formidablement » s’exclame Amel D. Solidaires, les jeunes ont passé la journée à démultiplier la séquence et se lèvent via les régions, les lycées, les universités et autres facultés contre  cette atteinte à leur libertés. Une initiative à blâmer et qui aurait pu se régler par des moyens administratifs  mais qui dans le contexte actuel prend une dimension politique.

Quand l’artiste Nadia Jelassi avait exposé à la Abdeliya et s’était retrouvée devant le tribunal de Tunis en étant accusée de trouble à l’ordre public pour avoir “osé” exposer les bustes de femmes voilées sur des cailloux évoquant une scène de lapidation, certains avaient dit : »Elle le mérite. C’est de la provocation  pure et bête ». L’affaire de la « Abdeliyya » avait provoqué une polémique au début de l'été et la société civile s'était mobilisé pour défendre le droit des artistes à l'expression et à la créativité.

Aujourd'hui, cela reprend de plus belle avec une nouvelle tentative de moralisation qui vise à hypothéquer toute forme d’expression et de liberté en Tunisie. Il s’agit cette fois de jeunes lycéens qui participent à  un « Harlem Shake « , une danse de trente secondes parodiée sur YouTube depuis le 2 février et qui a contaminé l'Egypte et la Tunisie, où le « buzz » passe difficilement avec l’Establishment. Au delà de la polémique, cette épisode s’inscrit comme une des formes de la résistance des tunisiens et tunisiennes à ce voile moralisant et islamisant qui s’abat sur eux.

Alors que la Tunisie s’enlise dans une crise politique sans précédent, les tunisiens pensent que « Tunis est en train de devenir invivable ». Un état des lieux que fait sa manière la comédienne Leila Toubal : Ils sont en train «  d'empoisonner notre quotidien, de violer nos petites joies, de torpiller nos humbles habitudes, d'exaspérer nos rêves, de tuer nos espoirs, de métastaser notre printemps, de chasser de nos cieux le soleil et de nous offrir tourmente et vent. J’accuse le parti Ennahdha de vouloir rendre muettes nos voix, frileuse notre indignation, lâche notre colère, muselée notre résistance… ».

Empruntant à  Emile Zola son « J’accuse », elle récite : « Quand on enferme la vérité sous terre, elle s'y amasse, elle y prend une force telle d'explosion que, le jour où elle éclate, elle fait tout sauter avec elle. On verra bien si l'on ne vient pas de préparer, pour plus tard, le plus retentissant des désastres ».

Un autre cri d’effroi sort en même temps de la plume de la députée à l’assemblée Nationale Constituante ( Anc) Selma Mabrouk  parlant du ministre, du parti Ettakatol, à l’origine de la polémique :  « Un "ministre" qui se laisse manipuler par une page Jihadiste, interviewé dans un café par une jeunesse embrigadée, et qui transforme ainsi un épiphénomène qui même si il peut choquer quelque esprits chagrins, ne concerne que l'établissement éducatif concerné en affaire nationale…  Le ton pompeux et sévère, Mr Abdelatif Abid, se soumet à son interlocuteur et obéit à ses injonctions et menaces ...Il faut savoir que ce monsieur vient de subir il ya quelques semaines une "mise à mort" à l'Assemblée, traité de tous les noms par les députés d'Ennahdha et lâché par ses collègues partisans d'Ettakatol ».

La dépité précise que « les choses ont bien changé maintenant, et nous voyons Mr Abdelatif Abid exécuter au doigt et à l'œil le plan du jeune "militant" d'Ennahdha. Nous avons vu aussi Mme Sihem Badi s'exciter sur le podium de la manifestation d'Ennahdha du 16 février...Plus royalistes que le roi, ces deux hauts responsables n'ont montré aucune réaction ou apporté la moindre ébauche de solution aux problématiques réelles de le jeunesse et de l'enfance. Rien sur la drogue dans les établissements scolaires faisant rage dans les villes isolées tel que Théla ou Kasserine ! Rien sur la pénurie d'enseignants dans les écoles des villages !  Rien sur les enfants des rues qui peuplent de plus en plus les rues de Tunis ! Rien sur les dossiers gravissimes et bien documentés d'agressions sexuelles dans les institutions de protection de l'enfance etc.... »

La colère de la député n’a plus de limlites : « Pour ces problèmes là, jugés secondaires à priori, pas de clip vidéo ni d'interview, pas de branle bas des ministères....Ennahdha probablement s'en fout éperdument qu'un jeune de Théla puisse se droguer au vu et au su de tout le monde, ou bien qu'un enfant de Rgueb reste sans instituteur la moitié de l'année...Ces choses là, voyons, "ne mettent pas en péril" notre "identité"! Je termine par exprimer mon total soutien à la direction et aux cadres du lycée « Imam moslem ». J'ai eu l'occasion de les voir travailler et réagir de façon extrêmement professionnelle lors d'un drame survenu l'année dernière ( le décès de plusieurs élèves dans un malheureux accident de la route). Ces gens là connaissent leur métier. C'est à eux et à eux seuls de gérer cet "incident". Nous devons protéger nos enfants et ne pas les laisser devenir les otages des ambitions personnelles politiciennes de ces individus.... »

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